Ziguinchor est une ville située dans le sud du Sénégal, faisant partie de la région et du département éponymes. Elle se trouve au cœur de la région naturelle de la Casamance.
Découvrez Egueye
Île et village entourés par les mangroves et les chenaux de Casamance.
Naviguez en pirogue dans les bolongs, explorez les mangroves, observez les oiseaux et la faune, et découvrez la vie des communautés insulaires.
Profitez d’un cadre naturel paisible et peu urbanisé.
À propos de Ziguinchor
La ville de Ziguinchor est située dans le sud-ouest du Sénégal, au bord du fleuve Casamance, à environ 70 kilomètres de l'océan Atlantique. Elle bénéficie de 3 connexions : par voie routière, desserte maritime et aérienne avec Dakar, la capitale sénégalaise, qui se trouve à une distance de 454 kilomètres. Jusqu'au milieu des années 1970, la traversée de la Casamance en direction du nord s'effectuait au moyen d'un bac transbordeur. En 1974, un pont de 650 mètres de long a été érigé au-dessus du fleuve, à l'est de la ville. Ce ouvrage a fait l'objet d'une importante réhabilitation au début des années 2010, dont les travaux ont été achevés en janvier 2014. La ville, située dans une région de faible altitude, se trouve à environ 12 mètres en moyenne au-dessus du niveau de la mer. Cette situation géographique engendre une pente moyenne des terrains de 17 centimètres par kilomètre jusqu'à l'océan. La ville est entourée de plusieurs zones humides, comprenant des marigots et des rizières, vers lesquelles l'urbanisation à tendance à s'étendre.
Le nom de la ville dérive du portugais « chegaram e choraram », ce qui se traduit par « ils sont arrivés et ils ont pleuré ». Cette dénomination fait référence à la réaction émotionnelle des habitants de la ville à l'arrivée jadis des Portugais, qui craignaient de devenir leurs esclaves.
La ville a été fondée en 1645 par des Portugais à proximité des villages baïnouks environnants : Tobor au nord, Niaguis et Djifanghor à l'est, Brin à l'ouest et Bouroffaye au sud. Initialement intégrée à la colonie portugaise de Guinée, elle fut cédée à la France le 12 mai 1886 en échange du comptoir de Cacine, qui appartenait alors à la colonie française de Guinée. Cette cession résulta d'un accord luso-français conclu en marge de la conférence de Berlin. Par la suite, la France transforma cette ville en un important comptoir commercial. Elle devint prospère entre autres grâce au commerce de l'arachide. La route reliant Ziguinchor à Tobor fut construite au cours des années 1920, dans des circonstances particulièrement ardues. Sous la direction du chef de canton, Arfang Sonko, elle fut construite dans une région extrêmement marécageuse, nécessitant la réalisation d'une digue sur une longueur de 6 kilomètres, avec des ressources limitées et l'utilisation de matériaux locaux. Ce projet ambitieux fut réalisé sous le régime du travail forcé établi par le code de l'indigénat, mobilisant environ 14 000 travailleurs pour des périodes dépassant les limites légales imposées par ce système coercitif. La région a progressivement adopté une religion, le christianisme. Après la Seconde Guerre mondiale, Ziguinchor a connu un ralentissement de son développement, notamment en raison des troubles internes associés à l'émergence d'un mouvement indépendantiste, le MFDC, à partir de décembre 1982. Pendant les années 1960, Ziguinchor était souvent le théâtre de bruits de canons provenant des affrontements entre les forces coloniales portugaises et les combattants du PAIGC (Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert). À cette époque, la ville se distinguait également par son rôle dans l'exportation d'arachides et de crevettes, à destination de Dakar et de l'Europe. Durant cette même période, des résidents français établis à Ziguinchor manifestaient un vif intérêt pour la plage du Cap Skirring, où ils se rendaient régulièrement les week-ends. L'accès à cette plage pittoresque se faisait alors par une route cahoteuse et poussiéreuse d'environ deux heures de trajet, ponctuée par des passages aléatoires des bacs transbordeurs à Essoukoudiack et Niambalang. Sur le littoral, ils avaient érigé de modestes bungalows et même des tentes, offrant un confort spartiate pour y séjourner quelques jours, appréciant la plage pour ses conditions propices à la baignade en famille et à la pêche. Afin de faciliter l'accès au Cap Skirring, une piste d'atterrissage pour petits avions fut construite par les membres de l'aéroclub de Casamance, basé à Ziguinchor. Cette initiative bénéficia du soutien de l'amirauté française à Dakar, qui mit gracieusement à disposition un bateau à fond plat (LTC). Ce navire permit de transporter depuis Ziguinchor, des bulldozers nécessaires pour le terrassement de la piste sur la plage. Initialement construite en terre battue, celle-ci fut progressivement prolongée et ensuite revêtue d'une dalle de béton afin de permettre l'atterrissage de de gros avions. Depuis ces aménagements, le Cap Skirring a gagné en renommée et attire désormais de nombreux touristes européens, parmi lesquels ceux du village du Club Méditerranée.
Chef-lieu d'une région à forte présence chrétienne dans un pays majoritairement musulman, de plus séparée du nord du Sénégal par l'enclave de la Gambie, Ziguinchor fut un peu délaissée et connut des troubles politiques sérieux dans les années 1980. En septembre 2002 survient le naufrage du Joola, un ferry sénégalais, faisant le trajet entre Ziguinchor et Dakar, capitale du Sénégal. Il transportait au moment du naufrage environ 1 900 personnes avec une capacité initiale de 536 passagers. Le naufrage fera environ 1 863 morts et disparus selon le bilan officiel, ce qui en fait l'un des naufrages les plus meurtriers de l'histoire en temps de paix à ce jour. Après la catastrophe, une enquête nationale et des critiques sévères envers le gouvernement sénégalais, notamment en ce qui concerne la gestion de la sécurité maritime, l'entretien du navire et la gestion des risques. Après cet événement, des réformes ont été proposées pour améliorer la sécurité des transports maritimes au Sénégal. Le 16 janvier 2024, le Premier ministre Amadou Ba a inauguré un mémorial dans la ville et rendu hommage aux disparus lors d'une visite dans le parc au bord du fleuve où se situe un monument aux morts.
Lors des recensements de 1988 et 2002, la population de Ziguinchor était respectivement de 124 283 et 153 269 habitants. En 2013, le recensement officiel indiquait que la ville comptait 248 265 habitants. En 2023, selon les données officielles de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la population de la région de Ziguinchor était de 617 568 habitants, répartis en 318 982 hommes et 298 585 femmes. Le taux de croissance démographique annuel de cette région s'élevait à 5,1 %. La ville de Ziguinchor uniquement était de 275 501 habitants.
À partir des années 1970, la région de Ziguinchor et la Casamance ont fait face à l'émergence de quatre nouveaux défis économiques :
L'exportation massive de l'arachide américaine vers l'Europe a eu un impact significatif sur l'économie locale. La petite crevette des mers du nord a progressivement supplanté la crevette locale, connue comme la "grosse" crevette, sur le marché. Le Cap Skirring est devenu un concurrent économique et touristique majeur pour la région. Les tensions politiques en Casamance, marquées par les revendications d'indépendance, ont également affecté la stabilité économique. Près de Ziguinchor, l'initiative de l'Océanium de Dakar a vu la plantation de 65 000 palétuviers. Dans les zones de mangrove, les femmes ont appris des méthodes durables pour récolter les huîtres en les détachant des arbres, préservant ainsi l'écosystème. Autrefois, elles les récoltaient en coupant les racines, ce qui était préjudiciable à l'environnement.
La ville est desservie par divers moyens de transport. Notamment, elle bénéficie d'une liaison aérienne avec l'aéroport de Ziguinchor, actuellement en phase finale de reconstruction et prévu pour une mise en service entre mars et juin 2024 . En février 2026, aucune date n'est avancée quant à son inauguration...
En images

Texte complémentaire issu de l’article Wikipédia « Ziguinchor » sous licence CC BY-SA 4.0.



